ABCdaire de l'agriculture biologique

A comme...

Agroécologie

L’agroécologie est une démarche scientifique attentive aux phénomènes biologiques qui associe le développement agricole à la protection-régénération de l’environnement naturel.
Elle est à la base d’un système global de gestion d’une agriculture multifonctionnelle et durable, qui valorise les agro-écosystèmes, optimise la production et minimise les intrants.

Agroforesterie

L’agroforesterie est un système d’exploitation des terres agricoles qui associe sur les mêmes parcelles une production agricole annuelle (cultures, pâtures) et une production forestière (arbres produisant du bois d’oeuvre).
L’agroforesterie tire partie de la complémentarité des arbres et des cultures pour mieux valoriser les ressources du milieu.

AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne)

Les AMAP ont été créées pour favoriser l’agriculture paysanne et biologique et soutenir les agriculteurs qui avaient du mal à subsister face à l’agro-industrie et à la grande distribution.
Il s’agit en quelque sorte d’un «partenariat» entre un groupe de consommateurs et un agriculteur. Chaque semaine, l’agriculteur vient à la rencontre des consommateurs pour vendre des «paniers» composés des produits de la ferme.
Les consommateurs de leur côté, s’engagent à acheter leur panier sur une période définie et garantissent ainsi un revenu fixe à l’agriculteur (ce qui assure le maintien de son activité agricole).
Le consommateur est assuré d’acheter des aliments frais, de saison, souvent biologiques, cultivés localement et produits à partir de variétés (végétales ou animales) de terroir ou anciennes, à un prix équitable.

B comme...

Biodynamie

Dans l’agriculture biodynamique, l’exploitation agricole forme un tout «organique» dont les parties sont accordées entre elles, de sorte que cette exploitation, autant que possible, vit de ses propres ressources et se développe en un organisme agricole individuel et clos.
Elle intègre les différents aspects de l’agriculture biologique, technique, économique et sociale en s’appuyant sur les principes suivants :

  • Recyclage de toute la matière organique de l’exploitation dans le sol par les techniques culturales, l’utilisation de tout le fumier, lisier et des déchets.
  • Transformation de la matière organique par le compostage dirigé par des préparations à base de plantes médicinales pour obtenir une fumure vivifiant le sol.

L’agriculture bio-dynamique est une agriculture assurant la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux hommes.
Elle accorde une grande importance aux rythmes de la nature et à l’influence des astres, particulièrement des cycles lunaires.

Biopesticides

En agriculture biologique, les exploitants n’utilisent ni fertilisants synthétiques, ni pesticides chimiques. Ils misent dans un premier temps sur la prévention pour renforcer la résistance aux maladies, aux insectes et aux mauvaises herbes, en maintenant des sols en bonne santé et en choisissant des plantes adaptées au milieu et climat.
Mais lorsque cela est nécessaire, pour lutter contre les nuisibles, ils font appel à différentes alternatives :

  • Des prédateurs (coccinelles) pour tuer les insectes, des pièges et des barrières pour les empêcher de se reproduire.
  • Des pesticides biologiques qui proviennent de sources naturelles (habituellement des plantes ou des minéraux).
Bois Raméal Fragmenté

Les Bois Raméaux Fragmentés (dits BRF) permettent de cultiver sans labour, sans engrais et sans eau (ou très peu) des végétaux alimentaires ou non.
En utilisant des branches fraîchement broyées et répandues rapidement au sol, toute une pédofaune (faune du sol) et pédoflore (flore du sol) va s’installer et ainsi reproduire les mêmes mécanismes que la forêt, laquelle est autosuffisante. Les BRF sont considérés comme des aggradants (on parle alors d’aggradation à l’inverse de dégradation) et présentent donc un matériau de premier choix pour restaurer les sols épuisés.

C comme...

Compost

Le compost est le résultat de la décomposition naturelle et de l’humification d’un mélange de matières organiques (résidus verts, déchets de cuisine, papier, fumier...) par des micro-organismes ou macro-organismes (insectes, lombrics, champignons...)
Le compost est riche en nutriments et est utilisé comme engrais. Son usage améliore la structure des sols (apport de matière organique), ainsi que la biodisponibilité en éléments nutritifs (azote). Il augmente également la biodiversité de la pédofaune (faune du sol).
Le compost est différent du fumier. Ce dernier désigne des matières organiques utilisées comme engrais ou comme fertilisant alors que le compost est le produit d’une décomposition contrôlée de produits organiques (dont, éventuellement, du fumier).

Culture de couvert ou semis direct

Le semis direct sous couvert est une culture plein champ qui consiste à implanter une culture intermédiaire entre la moisson et le prochain semis.
Il ne nécessite aucune intervention mécanique de travail du sol entre la récolte de la culture précédente et le semis de la suivante. La destruction du couvert se fait de manière naturelle, en se décomposant et en nourrissant le sol, la seconde culture prenant le pas sur l’intermédiaire. Cette technique, pratique et rentable, permet de maintenir les objectifs de production et de protéger la qualité de l’eau et du sol sur l’exploitation et en-dehors de celle-ci.

E comme...

Empreinte écologique

L’empreinte écologique correspond à l’impact d’activités humaines sur les écosystèmes et la planète.
Elle se mesure généralement en surface (hectares par individu, ou hectares consommés par une ville ou un pays pour répondre à ses besoins, par exemple). Plus précisément, l’empreinte écologique quantifie pour un individu ou une population la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par cette population et pour absorber ses déchets. L’empreinte écologique donne une idée de la part de surface planétaire utilisée pour vivre ou survivre.

F comme...

FAO

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous les sigles ONUAA ou, plus couramment FAO, soit en anglais Food and Agriculture Organization of the United Nations).
Créée en 1945 à Québec, la FAO regroupe 190 membres (189 États plus l’Union européenne)

Fongicide

Un fongicide est un produit phytosanitaire conçu exclusivement pour tuer ou limiter le développement des champignons parasites des végétaux.
En agriculture biologique, de nombreuses alternatives naturelles sont proposées.

H comme...

Herbicides

Un herbicide est un produit phytosanitaire conçu exclusivement pour tuer ou limiter le développement des mauvaises herbes.
En agriculture biologique, de nombreuses alternatives naturelles sont proposées.

Humus

Substrat organique résultant de la décomposition de plantes ou de matières animales, qui procure des nutriments et améliore la structure du sol.
L’humus est l’un des principaux moyens pour renforcer la fertilité en production biologique.

Hybride (semences hybrides)

Un hybride F1 est la première génération d’un croisement, animal ou végétal, entre deux variétés distinctes ou races de lignées pures.
Le rendement potentiel des hybrides considéré généralement supérieur à celui des anciennes variétés, est cependant lié à de nombreuses contraintes climatiques ou agronomiques.
Ces plantes sont donc indissociables d’un niveau élevé d’intrants (engrais, pesticides, eau, fuel).
En France, la majeure partie des semences autorisées à la vente pour des plantes telles que le maïs, le tournesol et certaines espèces potagères sont des hybrides F1.
L’utilisation des hybrides contraint les agriculteurs à racheter ces semences chaque année : ils ne peuvent donc plus conserver une partie de leur récolte comme semence d’une année sur l’autre.
La généralisation des hybrides associée aux réglementations imposant de suivre l’établissement d’un catalogue de semences «autorisées» rend le marché des semences totalement captif et les agriculteurs dépendants des semenciers.

J comme...

Jachère

La notion de jachère est réapparue, en 1992 en Europe, dans le cadre de la politique agricole commune comme une mesure d’ordre économique destinée à limiter la surproduction dans certaines cultures, notamment les céréales. Les agriculteurs doivent «geler» une partie de leurs terres en échange d’une rémunération. Ils n’ont pas le droit d’utiliser cette surface.
Mais, en agriculture biologique, la jachère est utilisée dans un but environnemental, pour permettre à la terre de se «reposer» et de se reconstituer.

L comme...

Lisier

Le lisier est un mélange de déjections d’animaux d’élevage (urines, excréments) et d’eau dans lequel domine l’élément liquide. Il peut également contenir des résidus de litière (paille) en faible quantité. Il est produit principalement par les élevages de porcs, de bovins et de volailles qui n’emploient pas, ou peu, de litière pour l’évacuation des déchets (dans le cas contraire, ils produisent du fumier).
Le lisier peut s’utiliser comme engrais organique.
Contrairement à ce que l’on peut croire, le lisier n’est pas en soi polluant car les nitrates qu’il contient peuvent être rapidement absorbés par la végétation. Épandre des lisiers participe au cycle de l’azote, l’azote étant un élément indispensable à la croissance des plantes.

La pollution est due à un épandage excessif de lisier et à une trop forte pluie, survenant juste après l’épandage, empêchant les plantes d’absorber les nitrates.
Cet afflux d’eau «lessive» les nitrates vers les cours d’eau et les nappes phréatiques et provoque des excès d’éléments nutritifs dans l’eau entrainant la prolifération de végétaux, communément appelée «marées vertes».

M comme...

Microbiologie des sols

La microbiologie des sols est la science qui étudie les mécanismes de transformation des éléments constitutifs du sol par les microbes en éléments assimilables par les plantes. Elle s’attache également à comprendre les relations complexes qui unissent les microbes du sol entre eux.

Monoculture

Cette forme d’agriculture repose sur la culture d’une seule espèce végétale. Cette agriculture est déconseillée d’un point de vue agronomique, car elle entraîne l’épuisement des sols et peut, à terme, favoriser le développement des maladies et l’effondrement de la biodiversité.
L’inverse est appelé polyculture.

O comme...

OGM

Les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) recouvrent des plantes et des animaux aux substances génétiquement modifiées par le biais d’interventions scientifiques. Un organisme est «génétiquement modifié» lorsque son matériel génétique a été modifié de manière artificielle, par fécondation croisée ou par recombinaison naturelle. Une plante peut recevoir, par exemple, le matériel génétique d’un poisson afin d’augmenter sa résistance au gel.
Les OGM sont interdits en agriculture biologique.

P comme...

Pesticides

Un pesticide est une substance émise dans une culture pour lutter contre des organismes nuisibles. C’est un terme générique qui rassemble les insecticides (insectes ravageurs), les fongicides (champignons), les herbicides (mauvaises herbes), les parasiticides (parasites). Les pesticides chimiques de synthèse sont interdits en agriculture biologique. Ils sont incriminés dans la pollution des eaux, la destruction de la biodiversité (insectes, microbes) et suspectés de favoriser certains cancers. Il existe, en revanche, de nombreuses alternatives naturelles.

R comme...

Révolution Verte

Le terme «Révolution Verte» désigne le bond technologique réalisé dans l’agriculture au cours de la période 1944-1970. La Révolution Verte correspond à une politique de transformation des agricultures des pays en développement (PED) et des pays les moins avancés (PMA).
Elle a été rendue possible par :

  • La mise au point de nouvelles variétés à haut rendement, notamment de céréales (blé et riz), grâce à la sélection variétale.
  • L’utilisation des engrais minéraux et des produits phytosanitaires.
  • La mécanisation et l’irrigation.

Pour que cette politique agricole se mette en place, les différents gouvernements ont alors décidé d’aider les producteurs pour les encourager à adopter ces nouvelles méthodes et technologies agricoles.
Au départ, la Révolution Verte a remporté un énorme succès et a eu pour conséquence un accroissement spectaculaire de la productivité agricole. Les approvisionnements allaient de pair avec l’accroissement des populations et de la demande de nourriture, et les prix des denrées alimentaires restaient stables.
En revanche, depuis le début des années 90, la communauté internationale reconnaît clairement les impacts négatifs de cette politique, tant au niveau économique, social qu’environnemental.
En effet, la Révolution Verte a souvent conduit à une accentuation des disparités sociales, économiques et régionales, et dans certains pays a participé à une accélération de l’exode rural.
Elle a systématiquement encouragé toutes les pratiques qui dégradent les sols et tuent la biodiversité.
Cette prise en compte des «effets secondaires» liés à la Révolution Verte a donné lieu en 1992 à la signature de la Déclaration de Rio par 189 pays. Un de ses volets, «la Convention sur la diversité biologique», a généré de nombreux plans d’actions nationaux de préservation de la biodiversité.

S comme...

Semences

Les semences sont des graines, ou par extension d’autres organes de reproduction (bulbes, tubercules...), choisies pour être semées. C’est le premier intrant de la culture.
Depuis la première moitié du vingtième siècle, la production et la commercialisation des semences font l’objet d’une définition et d’un contrôle administratif.
Aujourd’hui, dans les pays développés, la production des semences est principalement assurée par des semenciers, terme désignant des entreprises spécialisées dans la sélection, la production et la commercialisation de semences sélectionnées. Pour multiplier les semences en vue d’en obtenir une quantité suffisante pour fournir le marché, ces entreprises passent des contrats avec des agriculteurs multiplicateurs. Puis les semences sont triées, calibrées, traitées et conditionnées dans des stations de semences. Après contrôles, elles sont commercialisées sous forme de semences certifiées (pour les espèces de grande culture).
On parle de semence fermière lorsqu’un agriculteur re-sème une récolte issue de semences certifiées achetées à un semencier. Il n’y a dans ce cas, pas A l’action ! création d’une variété originale. Le terme «semences paysannes», lui est utilisé depuis quelques années pour désigner des semences sélectionnées et produites par des agriculteurs dans le but de faire évoluer les variétés traditionnelles de semences, sans faire appel aux semences sélectionnées par les entreprises semencières.

Depuis une vingtaine d’années la plupart des variétés ont été rachetées et brevetées par l’industrie semencière privant ainsi les agriculteurs du droit fondamental de produire eux-mêmes et gratuitement leurs semences comme c’était le cas depuis des millénaires.

Souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina lors du Sommet de l’alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996. Il a depuis été repris et précisé par les altermondialistes lors des différents Forums Sociaux Mondiaux.
La souveraineté alimentaire est présentée comme un droit international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans qu’elles puissent avoir un impact négatif sur les populations d’autres pays.
Complémentaire du concept de sécurité alimentaire (qui concerne la quantité d’aliments disponibles et l’accès des populations à ceux-ci, l’utilisation biologique des aliments et la problématique de la prévention et gestion des crises), la souveraineté alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments. Elle prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans pauvres, au moyen si nécessaire d’une réforme agraire et de mécanismes de sécurisation des droits d’usage du foncier.
Au niveau local, la souveraineté alimentaire favorise le maintien d’une agriculture de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l’agriculture familiale de petite échelle doivent être favorisées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale et environnementale, comparées à l’agriculture industrielle et les plantations de grande échelle où travaillent de nombreux salariés.
La souveraineté alimentaire privilégie des techniques agricoles qui favorisent l’autonomie des paysans. Elle est donc favorable à l’agriculture biologique et à l’agriculture paysanne. Elle refuse l’utilisation des plantes transgéniques en agriculture.

T comme...

Transgénique

Un organisme transgénique et communément appelé «OGM», est un organisme vivant dont le génome a été modifié en lui insérant des gènes étrangers par manipulation en laboratoire. (cf. OGM)